Qu’en est-il de la qualité de l’air dans la Ville de Luxembourg?

Francois GeorgesSur le fond du scandale automobile actuellement en cours concernant les émissions de gaz d’oxyde d’azote, il faut également se poser la question de savoir ce que les responsables de la Ville de Luxembourg font pour améliorer la qualité de l’air en ville.

La ville écrit elle-même sur son site internet que «Les oxydes d’azote représentent actuellement le principal polluant atmosphérique en ville. Ils dépassent les limites le long de certains axes de circulation», ces axes étant les uniques points de mesure de la ville. Les oxydes d’azote proviennent principalement des voitures et des camions roulant au diesel qui sont de loin incapables de respecter les limites imposées par la loi.

Les responsables d’autres villes vont plus loin.

À Paris par exemple on est conscient que «les particules réduisent l’espérance de vie des Parisiens de 6 à 9 mois» et un nombre impressionnant de maladies respiratoires, cardiaques et cancérigènes est lié directement au taux d’oxyde d’azote et de particules.

Le 31 mars 2015, le Bureau Européen de l’Environnement (BEE) a publié un classement de 23 grandes villes européennes en matière de protection de la qualité de l’air et la Ville de Luxembourg était classée en 23e et dernière place du classement.

Bien que la Ville ait contesté différentes données utilisées par ce Bureau, le «plan qualité air» de notre capitale est insuffisant : développement de la mobilité douce, modernisation des transports en commun, acquisition de voitures de service au gaz et hybrides, apaisement et fluidification de la circulation, planification du tram léger. En effet, la mobilité douce n’aura pas d’effet majeur puisque les gens concernés par celle-ci restent minoritaires, la plupart venant de très loin pour travailler en ville. La modernisation des bus n’a pas d’effet réducteur majeur non plus sur la globalité des émissions. La fluidification du trafic est un leurre, vu les multiples chantiers en cours.

Et finalement, la construction des lignes de tram dans l’axe central du centre-ville n’a pas encore démarré. Pendant tout ce temps d’autres villes européennes sont allées beaucoup plus loin en faisant des efforts pour changer la nature du trafic routier dans les centres-villes, pour mettre en action des plans afin d’éliminer graduellement les voitures diesel des villes, pour taxer au niveau de la municipalité les voitures les plus polluantes.

Non seulement la Ville de Luxembourg n’a pas agi suffisamment pour éliminer les polluants existants, bien au contraire, le scandale automobile récent nous montre que les réelles émissions sont beaucoup plus graves que les statistiques nous l’ont fait croire.

Il est grand temps d’agir!

François Georges
Vice-Président du CSV Stad