Prendre conscience de notre multiculturalité

Prise de conscience nécessaire tant pour les Luxembourgeois que pour les habitants de la Ville ayant une autre nationalité.

Tous les sondages semblent concorder : la Ville de Luxembourg est un espace où il fait bon vivre. S’y côtoient les aspects d’une petite ville paisible, comme

ceux des vraies métropoles. D’un côté d’agréables quartiers résidentiels, de courtes distances, de nombreux espaces verts, peu de circulation hors des grands axes et de l’autre une offre culturelle

de renom, une présence accrue de la langue anglaise, un centre de décision européen, mais surtout une multitude de nationalités, de langues et de cul- tures se côtoient et s’enrichissent tous les jours. C’est probablement ce air international qui donne à notre ville- forteresse-antique son côté moderne
et dynamique. Une population jeune et active remplit nos rues et les pave de vie. Une population aux origines luxem- bourgeoises s’enrichit jour après jour de nouveaux « Luxembourgeois » de cœur, d’esprit, ou simplement de passage.

L’action citoyenne

Les « Luxembourgeois à la nationali- té étrangère » font partie de la Ville

de tous les jours et constituent la majorité de ses citoyens – la popu- lation étrangère de la ville s’élève à quelque 65% de la population totale. Si nous voulons que les hommes et les femmes qui habitent cette ville soient ceux qui déterminent ce qui s’y passe, il faut une participation citoyenne qui dépasse le cadre des Luxembourgeois de nationalité. Il faut que nous mettions tout en œu- vre pour que le plus grand nombre possible d’électeurs potentiels soient des électeurs de fait. Nos campagnes « de recrutement » pour inciter à voter doivent être percutantes et se donner les moyens de réussir. Mais espérons surtout que chacun de

ceux qui ayant reconnu l’importance d’aller voter en parlera autour de
lui et entraînera dans son sillage beaucoup d’autres.

Nous ne devons d’ailleurs pas canton- ner nos efforts à inciter à la partici- pation aux élections. D’autres passés, d’autres horizons font que l’acte de voter ait moins d’importance pour cer- taines personnes – surtout l’obligation de voter semble constituer pour certains un frein au choix de s’inscrire

sur les listes électorales. Cela ne veut pas dire que ces personnes ne sont pas prêtes à l’action citoyenne: un engage- ment dans une association de parents d’élèves, dans le bénévolat, dans

un club local, dans un comité d’une équipe, mais aussi dans un syndicat de quartier ou une commission commu- nale… peuvent être les premiers pas vers une participation directe à la vie politique du pays. Efforçons-nous donc de faciliter et d’inciter à l’implication de tous à ce niveau-là.

Ne nous privons pas les uns des autres

Ne nous privons pas les uns des autres, l’enrichissement mutuel que nous nous apportons va de pair avec les nombreux problèmes matériels que la cohabitation amène. Toutes les forces, toutes les idées sont nécessaires pour en venir à bout. Ne laissons pas la barrière des langues devenir un prétexte à ériger entre nous d’invisibles murs. La pratique de la démocratie est exigeante envers les citoyens. Protégeons-la par un engagement fort.

Isabel Wiseler-Lima